Interview avec Nina Derron
Description

A intervalles irréguliers, nous publions dans cette rubrique une interview avec une personnalité sportive. C'est aujourd'hui Nina Derron, gagnante du Spiezathlon et de L’Ironman 70.3 Geelong (2018).

Nina, Michelle et Julie – Les trois sœurs Derron aiment le triathlon. Alors que Michelle et Julie visent la distance olympique des jeux olympiques de 2020, Nina se concentre sur la longue distance. Son objectif est l’Ironman d’Hawaï.

Trois sœurs, une discipline sportive. Peux-tu nous expliquer combien de temps vous vous entraînez ensemble (si c’est le cas) ainsi que la manière dont vous vous soutenez les unes les autres?

Puisque nous vivons toutes les trois ensemble et que nous sommes encore étudiantes à Zurich, nous réalisons quasiment toujours ensemble notre entraînement de natation quotidien, la plupart du temps tôt le matin. En ce qui concerne l’entraînement de course à pied et de vélo, ils sont un peu différents pour chacune d’entre nous. Julie pratique par exemple souvent des entraînements fractionnés de courte durée, alors que pour moi, ce sont plutôt des sorties longues en vélo qui figurent au programme. Pour cette raison, nous pratiquons la plupart du temps ces unités séparément.

Auparavant, nous avons souvent essayé pendant les entraînements d’être plus rapides ou meilleures que les autres. Depuis, nous avons appris qu’il est plus important de se motiver ensemble et de réaliser l’entraînement en tant qu’équipe.

Par ailleurs, nous sommes meilleures amies et nous racontons quasiment tout. Quand nous avons le temps, nous allons souvent boire un café ensemble après l’entraînement de natation ou nous nous massons les soirs afin d’être en forme pour le lendemain.


 

Alors que Michelle et Julie se concentrent sur la distance courte, c’est plutôt la longue distance qui t’intéresse. Quel est pour toi l’attrait de cet effort de plusieurs heures? Et quels sont les plus grands défis à relever?

J’ai réalisé des compétitions de distance courte lorsque j’étais coureuse junior. Après une longue pause pour cause de blessure, j’ai pensé tout arrêter. Puis en 2015, je me suis inscrite «pour le fun» au semi-Ironman de Rapperswil (70.3 Rapperswil). J’ai adoré foncer à toute vitesse sur mon vélo et pédaler seule plutôt qu’en groupe, comme c’est le cas pour les distances courtes. Depuis, je participe à des compétitions de longue distance. Avec mon entraîneuse Susie Langley, nous avons décidé dès l’année 2016 de me procurer une licence professionnelle pour les courses de fond. Au cours des deux dernières années, j’ai énormément appris sur le sujet et me suis continuellement amélioré.

D’un côté, j’éprouve un grand plaisir à réaliser les entraînements de longue distance, et de l’autre, c’est un véritable exercice physique et mental. Pendant l’entraînement comme lors d'une compétition, de nombreuses choses se jouent dans la tête et il faut parfois mettre au point certaines stratégies pour parvenir à terminer la distance à parcourir. Voir comment m’améliorer et tester mes limites est une source de motivation.

Contrairement à d’autres triathlètes de ton niveau, tu n’es pas professionnelle à plein temps puisque tu fais des études de santé publique et technologie à l’ETH de Zurich. À quoi ressemble ton entraînement? Comment parviens-tu à combiner tes études et le sport?

Après un baccalauréat universitaire dans le domaine de la santé publique et de la technologie, je suis actuellement des études de Master „Biomedical Engineering“ à l’ETH de Zurich. Je suis en train de rédiger mon mémoire de Master dans un laboratoire de l’ETH. Mon premier entraînement de la journée débute en général à 6h30, puis je travaille jusqu’à 16h ou 17h et réalise ensuite mon deuxième entraînement; ou alors je prends une longue pause déjeuner et me rends sur le tapis de course du centre sportif de l’ETH ou à la piscine pour un entraînement de natation. Combiner les deux activités n’est pas simple, mais cela me force à être très efficace et pendant l’entraînement, à me concentrer à 100% sur ce que je fais pour en tirer le maximum. Par ailleurs, cela ne me laisse pas beaucoup de temps pour penser aux courses à venir, ce qui n’est pas forcément mauvais. :)

Cela ne m’empêche cependant pas de prendre plaisir à m’entraîner comme une véritable professionnelle et surtout de disposer de plus de temps de récupération, comme actuellement au camp d'entraînement de St. Moritz.


 

De nombreux sportifs amateurs ont pour ambition de participer une fois dans leur vie à un triathlon. Quelles sont les trois astuces d'entraînement les plus importantes pour réussir?

  • 2.
    Le mieux est de se fixer un objectif dès le début. Savoir qu’une compétition va bientôt arriver me motive d’autant plus. La Suisse compte de nombreuses compétitions pour sportifs débutants. Pour un premier triathlon, il est probablement judicieux de réaliser une distance courte ou un sprint plutôt qu’un Ironman.J
  • 4.
    N’hésitez pas à aller nager! Il est vrai que la partie consacrée à la natation est la plus courte de la compétition au niveau du temps, mais il s’agit de la discipline qui requiert le plus de travail. Par ailleurs, nager permet d’améliorer son équilibre et sa force pour les deux autres disciplines. Pour les débutants, nager avec un Pull buoy se révèle d’une aide précieuse. Cela vous aide à trouver la bonne position dans l’eau.
  • 6.
    Accordez-vous des moments de récupération suffisants! En particulier lorsque nous débutons une nouvelle discipline sportive, nous voulons nous améliorer le plus rapidement possible et nous entraînons beaucoup trop, ce qui peut rapidement conduire à des blessures. Souvent, après une unité éprouvante telle qu’un entraînement fractionné sur la piste de 400 m, une brève unité de vélo de 30-45 minutes pour vous détendre les jambes peut aider.

As-tu un secret que tu pourrais nous dévoiler? Une astuce concernant par exemple l’entraînement, la nutrition ou la récupération.

Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait de secret pour réussir un triathlon. La réussite provient du travail fourni sur une longue période. Le plus important est de faire preuve de patience. Il ne faut pas oublier qu’il n’est pas possible de s’améliorer simultanément dans les trois disciplines à la fois. Vous serez parfois meilleurs en natation, et parfois en vélo ou en course à pied. Par ailleurs, il est important de toujours avoir plaisir à pratiquer des entraînements et de se réjouir des petits succès.

En ce qui concerne la nutrition, je suis d’avis que la règle d’or est d’adopter une alimentation équilibrée. Nous sommes tous différents et chacun doit trouver ce qui lui convient. Pour booster un peu mon énergie ou ma motivation ou alors en guise de récompense, j’aime grignoter quelque chose au chocolat noir.J

Et pour pallier aux tensions, j’utilise souvent un «Black Roll» ou alors «j’oblige» mes sœurs à me masser avec de l’huile à l’arnica.

Foto: ZVG

 

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